Visite du tout nouveau Musée du Parfum Fragonard

Fragonard a inauguré la semaine dernière dans la capitale son deuxième musée du parfum. Petit aperçu de ce que le célèbre parfumeur vous réserve dans ce nouveau lieu.

L’illustre maison Fragonard a décidé d’implanter son dernier espace muséal parisien à deux pas du premier musée du parfum (ouvert en 1982 dans la rue Scribe) et sur un site on ne peut plus charmant, le Square de l’Opéra-Louis-Jouvet, sur lequel se trouve notamment le Théâtre de l’Athénée-Louis-Jouvet. C’est dans l’ensemble situé aux numéros 3 et 5 du Square que le parfumeur a créé ce musée, ajoutant ainsi un nouveau chapitre à l’histoire du bâtiment qui a, tour à tour, abrité l’Eden Théâtre au XIXè siècle, un manège vélocipède et le showroom de Maple, entreprise d’ameublement.

© Lovely Rita
Entrée du musée et statue du poète chevauchant Pégase (sur le Square de l’Opéra Louis-Jouvet) © Lovely Rita

Pour la faire courte, Fragonard, c’est le chic à la française contenu dans un flacon. Cette image, le parfumeur l’entretient avec ce musée raffiné, tout à la fois classique et moderne et qui se veut intemporel. C’est ainsi que l’on passe au cours de la visite d’espaces blancs, épurés et lumineux à des salles plus sombres et à la déco industrielle. D’anciennes moulures ont été restaurées pour l’occasion, les murs en briques, verrière et poutres Eiffel existantes ont été mis en valeur, le lieu a fait peau neuve tout en composant avec les (beaux) restes des précédents occupants.

La visite en elle-même se divise en une partie purement didactique pendant laquelle le processus de fabrication du parfum est exposé et une deuxième chronologique qui dresse une histoire du parfum dans nos sociétés.

C’est plongé dans un décor semblable à celui d’un atelier et une ambiance feutrée qu’on nous déroule les premières étapes de fabrication d’un parfum (quelles matières premières utilise-t-on ?  comment les extrait-on ? ). Bocaux de pharmacies, contenants métalliques, headspace (outil permettant de capter l’odeur des fleurs dites muettes), cornes de zébus, animal empaillé et autres articles désuets ou incongrus sont présentés dans un  « cabinet de curiosités » fascinant, à placer entre l’antiquaire et le laboratoire. Prêtez notamment attention à cet animal empaillé, la civette. On y apprend que les glandes périanales du petit mammifère sécrètent une matière très odorante, autrefois collectée par l’homme (et transportée dans des cornes de zébus). Son utilisation en parfumerie permettait d’amener, entre autre, rondeur et chaleur à une fragrance.

Les autres méthodes d’extraction (enfleurage, distillation…) sont évoquées dans l’espace central avec la présentation de châssis d’enfleurage, d’alambics ou de reportages vidéo . Vous verrez là (impossible de la rater) une immense boule en cuivre qui est en réalité un mélangeur à ailettes, autrefois utilisé dans une usine de parfumerie de Grasse. Levez les yeux et ne manquez pas les épaisses poutres Eiffel du plafond.
L’autre dispositif qui attire le regard non pas par ses mensurations mais par sa délicatesse c’est l’orgue à parfum. C’est sur cette table que sont disposées les différentes essences permettant au parfumeur de créer une fragrance. Difficile à ce moment de ne pas avoir envie de les ouvrir une à une pour en humer le contenu.

Place ensuite au volet chronologique qui évoque l’apparition et les usages du parfum dans nos sociétés. Si nous possédons tous aujourd’hui un flacon de parfum, l’Egypte ancienne, la Grèce ou la Rome antiques étaient déjà très sensibles au charme olfactif de certaines matières. Les vitrines renferment chacune leurs trésors : balsamaire du IIIè siècle, pomander du XVIIIè siècle, flacons en porcelaine, brûle-parfums ou pots-pourris. Les objets ici exposés rivalisent entre eux de finesse et de savoir-faire pour le plus grand plaisir de nos yeux écarquillés. Cristal, or,  agate, peau de chagrin, ivoire,  grenats… un véritable défilé de matériaux précieux ou rares se met en place. Cette inestimable collection d’objets (réunis par la famille Costa, qui dirige l’entreprise depuis des années) témoigne de l’évolution du flaconage à travers les époques et dresse surtout une histoire du parfum, belle et longue de 3000 ans, déjà.

Le parcours touche ici quasiment à sa fin et vous emmène par la suite à l’étage où est présentée la collection d’étiquettes ainsi qu’une grande fresque chronologique sur la société Fragonard (qu’on aurait bien vue au début du parcours). Enfin, pour regagner la sortie, vous n’y couperez pas, il vous faudra forcément passer par l’espace boutique.

 

Nouveau Musée du Parfum Fragonard
3-5, Square de l’Opéra-Louis-Jouvet
75009 Paris
Tél : 01 40 06 10 09

Viste guidée et gratuite

 

crédits photos : Lovely Rita

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